Tour d’horizon des prédateurs naturels du rat et de la souris

Lorsqu’on parle d’infestation de rongeurs, on pense d’abord aux méthodes classiques pour se débarrasser des rats et des souris. Mais ces rongeurs ont, dans la nature, de nombreux prédateurs : rapaces, serpents, chiens, mustélidés… Dans certaines situations, on peut s’appuyer sur eux pour réguler ou limiter une infestation de rats ou de souris, de façon naturelle et écologique. Tour d’horizon de ces chasseurs de rongeurs, et de la manière dont l’homme apprend à les favoriser pour lutter contre les nuisibles.

Ce qu’il faut retenir

  • Les principaux prédateurs des rongeurs sont les rapaces (chouette, buse), les mustélidés (fouine, hermine), les serpents, les canidés et le chat.
  • Une seule chouette effraie peut consommer des milliers de rongeurs par an.
  • L’homme favorise certains prédateurs : buse (perchoir), furet, chien de terrier, chat.
  • Le chat reste un excellent dissuasif, mais peine face à un gros rat adulte.
  • La prédation régule mais ne suffit pas seule : elle complète prévention et traitement.

Les rapaces, ces chasseurs aériens

Les rapaces, comme la buse variable ou le faucon, usent de leur vue perçante pour repérer leur proie depuis un poste d’observation en hauteur. Il leur suffit ensuite de foncer à toute vitesse sur celle-ci, en un remarquable « vol piqué ». Le hibou procède de la même manière, mais il préfère attendre la nuit pour s’alimenter de souris et de campagnols. La chouette effraie, en particulier, est une redoutable chasseuse nocturne : une seule famille peut consommer plusieurs milliers de rongeurs par an, ce qui en fait l’une des meilleures alliées des agriculteurs.

Chouette effraie en vol, prédateur naturel nocturne des rats, souris et campagnols
La chouette effraie, chasseuse nocturne, peut consommer des milliers de rongeurs par an.

Les canidés, ces chasseurs ingénieux

Le renard roux

Le renard roux a l’habitude de chasser les rongeurs en solitaire. Il repère sa proie grâce à son ouïe particulièrement développée, puis, sans un bruit, il lui saute dessus pour l’immobiliser. Cette technique est nommée le « mulotage ».

Le loup

Si le partage d’un simple rat représente peu d’intérêt pour une meute de loups au complet, il est fréquent qu’un individu se mette en quête de quelques rongeurs à croquer, lorsqu’il est tout seul.

Les mustélidés, ces prédateurs agiles

Vison, prédateur naturel et efficace des rats et des souris
Le vison est un prédateur naturel et efficace des rongeurs, rats comme souris.

Le vison

Le vison s’active surtout durant la nuit, chassant diverses proies aux abords des points d’eau. Gare aux rongeurs (rats et grands campagnols) peu méfiants qui lui tomberaient sous la dent !

Le putois

Ce petit carnivore vit principalement dans les forêts européennes. Campagnols et rats musqués, qu’il chasse au crépuscule, constituent une proportion importante de son régime alimentaire.

La fouine

La fouine, carnivore solitaire, n’hésite pas à s’installer durablement dans nos greniers. Elle en profite pour consommer les rongeurs qui y vivent, mais finit toujours par causer autant de dégâts matériels qu’eux !

L’hermine

L’hermine est un petit mustélidé montagnard, très habile dans l’art de la chasse aux rongeurs. Elle traque mulots, souris, rats et campagnols dès qu’elle met le museau hors de son terrier. Elle est, en outre, capable de chasser directement sous la terre.

Les serpents, ces prédateurs discrets

La vipère

Lorsqu’elle croise le chemin de la vipère, la souris connaît souvent une bien triste fin. La vipère adulte affectionne les rongeurs de petite taille, qu’elle empoisonne avant de les avaler lentement. Les campagnols et autres mulots ont intérêt à s’en tenir à bonne distance !

La couleuvre

La couleuvre a une très bonne réputation auprès des jardiniers, en raison des loyaux services qu’elle leur rend. Ce serpent, en plus d’avaler quantité de petits rongeurs, a la délicatesse de ne pas être dangereux pour l’être humain.

Les autres prédateurs des rongeurs

La liste ne s’arrête pas là, tant le rat et la souris occupent une place centrale dans la chaîne alimentaire :

  • La belette : le plus petit carnivore d’Europe, si fine qu’elle poursuit les rongeurs jusque dans leurs galeries ;
  • La martre : grimpeuse agile, elle chasse aussi bien au sol que dans les arbres et les greniers ;
  • Le faucon crécelle : reconnaissable à son « vol du Saint-Esprit » stationnaire au-dessus des champs, à l’affût des campagnols ;
  • La chouette chevêche et le hibou moyen-duc : chasseurs nocturnes très friands de petits rongeurs ;
  • Le héron et certains grands poissons (comme le brochet) : capturent les rats qui s’aventurent près de l’eau.

Cette diversité explique pourquoi un écosystème équilibré, riche en prédateurs, limite naturellement la prolifération des rongeurs.

Le rat a-t-il des prédateurs en ville ?

En milieu urbain, les prédateurs naturels se font rares, ce qui explique en partie la prolifération des rats. Quelques-uns subsistent : la fouine, qui s’adapte très bien à la ville, le chat (domestique ou errant), certains rapaces nocturnes nichant sur les bâtiments, et plus marginalement le renard, de plus en plus présent en périphérie. Mais leur action reste insuffisante face à l’abondance de nourriture et d’abris qu’offre la ville. C’est pourquoi, en zone urbaine, la régulation repose surtout sur la gestion des déchets, l’hermétisation et la dératisation, la prédation ne jouant qu’un rôle d’appoint.

Les prédateurs des rongeurs au service de l’homme

L’homme s’emploie, depuis des siècles, à combattre la prolifération des rats, souris et autres rongeurs. De la tapette à souris au répulsif ultrasonique, les solutions ne manquent pas. Mais il a aussi appris à tirer parti de la place du rat dans la chaîne alimentaire : les prédateurs naturels du rat étant inoffensifs pour l’être humain, quoi de plus logique que de favoriser leur présence là où les nuisibles prolifèrent ?

Quels prédateurs naturels sont utilisés par l’homme ?

La buse variable

Les agriculteurs encouragent la buse variable à élire domicile à proximité des champs infestés de campagnols. Ce rongeur étant inscrit au menu quotidien de la buse, il suffit aux paysans d’investir dans un perchoir pour que l’oiseau limite les ravages dont ce rongeur est responsable.

Le furet

Dans certaines villes, comme à Marseille ou à Etterbeek (Belgique), les dératiseurs professionnels peuvent compter sur l’aide d’un associé insolite : le furet ! Ce mustélidé, en digne descendant du putois, est naturellement doué d’un fort instinct de prédation. Avec un peu d’entraînement, il devient un allié de choix, capable de se faufiler dans les plus étroites galeries pour en déloger les rats. Nous lui consacrons un guide complet : la dératisation au furet.

Chien de race terrier, excellent prédateur naturel des rats
Les chiens de races terriers ont l’instinct du chasseur et sont d’excellents prédateurs des rats.

Le chien de terrier

Tous les chiens n’ont pas un goût inné pour la chasse. Cependant, la sélection aidant, certaines races s’avèrent utiles pour venir à bout des rongeurs, surtout si l’ordre provient de leur maître. C’est le cas des races Terrier, qui ne doivent pas leur nom au hasard !

Le chat domestique

Bien que domestiqué depuis longtemps, le chat de compagnie garde certains réflexes de ses ancêtres sauvages. Même s’il dispose d’une gamelle de croquettes en libre-service, rien ne vaut à ses yeux une bonne partie de chasse aux souris !

Le chat est-il vraiment efficace contre les rats ?

C’est une nuance importante. Le chat est un excellent chasseur de souris et un formidable dissuasif : sa simple odeur tient souvent les rongeurs à distance. En revanche, face à un gros rat adulte, parfois presque aussi lourd que lui et capable de se défendre férocement, beaucoup de chats renoncent. Le chat régule donc bien les souris et les jeunes rats, et décourage l’installation, mais il ne « nettoie » pas une infestation de rats établie. Sa présence reste néanmoins l’un des meilleurs moyens préventifs, surtout combinée à de bonnes habitudes.

Comment favoriser les prédateurs chez soi ?

Plutôt que d’introduire un prédateur, on cherche à rendre son environnement accueillant pour ceux qui passent. Quelques gestes simples :

  • Installer un perchoir en hauteur dans un jardin ou un champ pour attirer buses et faucons ;
  • Poser un nichoir à chouette effraie sous un toit de grange ou de dépendance ;
  • Accueillir un chat, ou laisser passer les chats du voisinage ;
  • Préserver les haies, murets et talus qui abritent hermines, belettes et couleuvres ;
  • Limiter les rodenticides en extérieur, car ils empoisonnent aussi les prédateurs qui consomment les rongeurs morts.

Cette approche s’inscrit pleinement dans une dératisation naturelle, qui mise sur l’équilibre de l’écosystème plutôt que sur les produits. Elle se combine très bien avec les répulsifs naturels.

Les limites de la lutte par prédation

Compter sur les prédateurs a ses limites, qu’il faut connaître. La prédation régule une population, elle ne l’éradique pas : tant qu’il y a de la nourriture et des abris, les rongeurs se reproduisent plus vite qu’ils ne sont chassés. Certains prédateurs, comme la fouine ou la couleuvre, peuvent eux-mêmes devenir gênants ou indésirables dans une maison. Enfin, on n’introduit pas un serpent ou un mustélidé chez soi sur commande. La prédation est donc un excellent levier préventif et complémentaire, surtout en extérieur et en milieu agricole, mais face à une infestation installée à l’intérieur, elle ne remplace pas un traitement ciblé (pièges, hermétisation, intervention professionnelle).

Une infestation que les prédateurs ne suffisent pas à régler ?

Décrivez-nous la situation : nous évaluons l'ampleur et vous proposons une solution adaptée, naturelle quand c'est possible, sans engagement.

Le mot du dératiseur

« Les prédateurs, c’est génial en prévention, surtout dehors. Un perchoir pour les buses dans un champ à campagnols, un nichoir à chouette dans une grange, ça change la donne sur le long terme. Le chat aussi tient les souris à distance. Mais je préviens toujours : un chat ne réglera pas une colonie de gros rats, ils sont trop costauds. Et le furet, c’est spectaculaire pour déloger les rats des galeries, mais ça reste un travail de spécialiste. La nature aide, elle ne fait pas tout. »

FAQ : les prédateurs des rats et des souris

Quel est le principal prédateur du rat ?

Il n’y en a pas un seul : les rapaces (chouette effraie, buse), les mustélidés (fouine, hermine, putois), les serpents, les renards et le chat figurent parmi les plus efficaces. La chouette effraie est l’une des plus redoutables.

Le chat mange-t-il les rats ?

Le chat chasse très bien les souris et les jeunes rats, et dissuade leur installation. En revanche, face à un gros rat adulte capable de se défendre, beaucoup de chats renoncent. Il régule plus qu’il n’éradique.

Comment attirer les prédateurs des rongeurs ?

En installant un perchoir pour les rapaces, un nichoir à chouette effraie, en accueillant un chat, en préservant haies et murets, et en évitant les poisons qui contaminent les prédateurs.

Les prédateurs suffisent-ils à éliminer une infestation ?

Non. Ils régulent les populations mais ne les éradiquent pas. Face à une infestation installée, surtout à l’intérieur, ils doivent être complétés par la prévention, le piégeage et, si besoin, un professionnel.