Piéger et empoisonner les rongeurs ne sert à rien si l’on ne ferme pas la porte derrière eux : tant que les accès restent ouverts, d’autres rats et souris reviendront. L’hermétisation anti-rongeurs, que les professionnels appellent aussi le ratproofing, consiste à boucher durablement tous les points d’entrée. C’est l’étape la plus rentable pour se débarrasser des rats et des souris sur le long terme. Voici par où entrent les rongeurs, comment repérer leurs trous, quels matériaux utilisent vraiment et comment empêcher les rongeurs d’entrer pour de bon.
Ce qu’il faut retenir
- Une souris passe par 6 mm, un rat par 2 cm : le moindre trou compte.
- Seuls résistent les matériaux durs : laine d’acier, grillage métallique, ciment, mortier, tôle.
- La mousse expansive ou le plastique seuls ne suffisent pas : les rongeurs les rongent.
- Les points sensibles : bas de portes, gaines, aérations, fissures, toiture, vide sanitaire.
- L’hermétisation (ratproofing) est la solution préventive la plus durable, à combiner avec le traitement.
Pourquoi l’hermétisation est l’étape la plus importante
On peut poser tous les pièges du monde : si la maison reste perméable, l’infestation se renouvelle sans cesse. Boucher les accès, c’est traiter la cause plutôt que les symptômes. Cette démarche, le ratproofing (de l’anglais rat proofing, « rendre étanche aux rats »), est utilisée par les professionnels de la lutte antinuisible comme dans le BTP pour protéger durablement un bâtiment. Son principe est simple : rendre le logement physiquement inaccessible aux rongeurs. C’est aussi la méthode la plus écologique, puisqu’elle évite ou réduit l’usage des appâts et des poisons.
Par où entrent les rats et les souris ?
Les rongeurs sont d’incroyables contorsionnistes. Une souris se faufile par un trou de 6 mm (le diamètre d’un crayon) et un rat par une ouverture de 2 cm. Inspectez méthodiquement :
- les bas de portes et seuils mal ajustés (un bas de porte anti-souris métallique est souvent nécessaire) ;
- les passages de gaines, tuyaux et câbles qui traversent murs et planchers ;
- les bouches et grilles d’aération, souvent trop larges ;
- les fissures dans les murs, les plinthes et autour des fenêtres ;
- la toiture, les combles et les gouttières, par où grimpe le rat noir ;
- le vide sanitaire, la cave et les jonctions de fondations, voies du surmulot.
Pour bien cibler, il est utile de savoir à quel rongeur on a affaire : voyez notre guide pour reconnaître un rat ou une souris, et ce qui les attire vers ces points d’entrée.

Comment repérer les trous de rongeurs ?
Avant de boucher, il faut trouver. Les indices qui trahissent un point de passage :
- des traces grasses et des coulées sombres autour d’un trou, dues au frottement du pelage ;
- des crottes concentrées à proximité ;
- des marques de rongement sur les bords de l’ouverture, le bois ou le plastique ;
- des courants d’air ou de la lumière visibles depuis l’intérieur.
Une astuce de pro : déposer un peu de farine devant un trou suspect le soir, et vérifier les empreintes au matin. Inspectez le bâtiment de l’extérieur comme de l’intérieur, du sol jusqu’à la toiture, sans négliger les recoins sombres.
Les bons matériaux pour boucher un trou de souris ou de rat
Les rongeurs rongent presque tout, sauf les matériaux durs. Pour une hermétisation qui tient :
- La laine d’acier (ou laine de fer) : à enfoncer fermement dans les trous ; le rongeur ne peut pas la mâcher. Idéale en première barrière.
- Le grillage métallique anti-rongeur : pour les aérations, soupiraux et grandes ouvertures, bien fixé.
- Le ciment, le mortier ou l’enduit dur : pour combler durablement fissures et trous dans la maçonnerie.
- Le mastic ou la mousse expansive renforcée : uniquement par-dessus de la laine d’acier, jamais seuls.
- La tôle ou les plaques métalliques : pour protéger un bas de porte ou un angle rongé.
- Le bas de porte anti-souris en aluminium ou avec brosse, pour les seuils.
Ce qui ne marche pas seul : la mousse expansive classique, le plastique, le bois, le carton ou le silicone tendre, que les rongeurs percent en quelques nuits. On les combine toujours avec un matériau dur.
La méthode étape par étape
- Recensez tous les accès, intérieur et extérieur, du sol à la toiture.
- Comblez les petits trous avec de la laine d’acier tassée, recouverte de mastic ou d’enduit.
- Grillagez les aérations et soupiraux avec un grillage métallique fin et bien fixé.
- Rebouchez les fissures de maçonnerie au ciment ou au mortier.
- Équipez les bas de portes d’un profilé métallique ou d’une plaque.
- Contrôlez après quelques jours : si un bouchon est rongé ou de nouveaux indices apparaissent, renforcez et cherchez d’autres accès.
L’hermétisation se fait idéalement après ou pendant le traitement de la population : pour ne pas enfermer des rongeurs à l’intérieur, on combine le piégeage et le bouchage, puis on referme une fois l’activité stoppée. Retrouvez la marche à suivre complète pour se débarrasser des souris et gérer les souris dans les murs.
Le ratproofing professionnel
Pour un bâtiment complexe, un commerce, un local agroalimentaire ou un immeuble, le ratproofing devient un vrai chantier : diagnostic complet des accès, pose de grilles et de bavettes métalliques, traitement des réseaux (gaines techniques, égouts), parfois en lien avec le bâti. Un professionnel dispose de l’expérience pour repérer les accès qu’on ne soupçonne pas et garantir une étanchéité durable. C’est souvent la solution la plus rentable quand l’enjeu est d’éviter toute réinfestation, notamment dans les secteurs sensibles à la réglementation hygiène.
Vous ne savez pas par où entrent les rongeurs ?
Décrivez-nous votre logement : nous vous aidons à repérer les accès et à les boucher durablement, ou intervenons pour une hermétisation complète, sans engagement.
Le mot du dératiseur
« L’hermétisation, c’est 80 % du travail durable. Les gens veulent du poison, mais moi je leur montre le trou par lequel ça rentre, souvent un passage de gaine ou un bas de porte. Je bourre à la laine d’acier, je grillage les aérations, et je recouvre au mortier. La mousse seule, ils en mettent partout, mais une souris la traverse en deux nuits. Une fois que le bâtiment est étanche, les pièges finissent le travail et le problème ne revient pas. C’est ça, le ratproofing. »
FAQ : hermétisation anti-rongeurs
Avec quoi boucher un trou de souris efficacement ?
Avec de la laine d’acier enfoncée dans le trou, recouverte de mastic ou d’enduit. Pour les fissures, utilisez du ciment ou du mortier ; pour les aérations, un grillage métallique. La mousse ou le plastique seuls ne suffisent pas.
Quelle taille de trou une souris peut-elle franchir ?
Une souris passe par une ouverture de seulement 6 mm, soit le diamètre d’un crayon. Un rat franchit une ouverture d’environ 2 cm. Il faut donc boucher même les plus petites fentes.
Qu’est-ce que le ratproofing ?
Le ratproofing (ou rat proofing) est le terme professionnel pour l’hermétisation anti-rongeurs : rendre un bâtiment physiquement inaccessible aux rats et souris en bouchant et grillageant durablement tous les points d’entrée.
La mousse expansive empêche-t-elle les souris d’entrer ?
Pas seule : les rongeurs la rongent facilement. Elle ne doit être utilisée qu’en complément, par-dessus de la laine d’acier ou un grillage métallique qui, eux, résistent.