Campagnol : reconnaître et lutter contre ce rongeur

Le campagnol est un petit rongeur trapu à queue courte, redouté des jardiniers : il creuse des galeries et s’attaque aux racines, aux bulbes et aux légumes. Souvent confondu avec le mulot, la souris ou même la taupe, il regroupe en réalité plusieurs espèces, dont le campagnol des champs et le campagnol terrestre (le fameux rat taupier). Pour ne plus vous tromper, apprenez d’abord à reconnaître et différencier les rongeurs. Voici comment identifier un campagnol, comprendre son mode de vie, mesurer ses dégâts et lutter efficacement.

Ce qu’il faut retenir

  • Le campagnol est un rongeur trapu à queue courte, aux petites oreilles presque cachées.
  • Il regroupe plusieurs espèces, dont le campagnol des champs et le campagnol terrestre (rat taupier).
  • C’est un ravageur du jardin : il dévore racines, bulbes et légumes via ses galeries.
  • Sa reproduction est explosive, avec des pullulations cycliques.
  • La lutte passe surtout par le piégeage dans les galeries, les prédateurs et le dérangement.

Qu’est-ce qu’un campagnol ?

« Campagnol » est un terme général qui désigne plusieurs espèces de petits rongeurs de la famille des Cricetidés (et non des Muridés comme la souris et le rat). En France, on rencontre surtout le campagnol des champs (Microtus arvalis), aussi appelé campagnol commun, et le campagnol terrestre (Arvicola terrestris), connu sous le nom de rat taupier car il creuse comme une taupe. Il existe aussi le campagnol roussâtre, le campagnol amphibie et d’autres espèces plus localisées. Tous partagent une même silhouette ronde et une vie largement souterraine, et tous peuvent devenir de redoutables ravageurs au jardin et dans les cultures.

Comment reconnaître un campagnol ?

Le campagnol se distingue nettement de la souris et du mulot par sa silhouette ramassée :

  • Taille : 9 à 13 cm de corps, pour un poids de 25 à 50 g ;
  • Corps trapu et arrondi, avec une grosse tête et un museau court ;
  • Petites oreilles arrondies, souvent à demi cachées dans le pelage ;
  • Queue courte et velue, bien plus courte que le corps (à l’inverse du mulot) ;
  • Pelage brun-roux à gris-brun, plus clair sur le ventre ;
  • Incisives longues et puissantes, adaptées au rongement des racines.

Cette allure de petite boule à queue courte est le meilleur moyen de le distinguer des autres petits rongeurs.

Campagnol au corps trapu, petites oreilles et queue courte, dans l'herbe près d'une galerie
Le campagnol : corps trapu, grosse tête, petites oreilles et queue courte.

Campagnol, mulot, souris ou taupe ?

La confusion est fréquente, mais les différences sont nettes. Le mulot et la souris grise sont plus élancés, avec de grandes oreilles, de grands yeux et une longue queue ; le campagnol, lui, est trapu, avec de petites oreilles et une queue courte. Quant à la taupe, ce n’est pas un rongeur mais un insectivore aux pattes avant en forme de pelle : elle se nourrit de vers et d’insectes, alors que le campagnol terrestre (rat taupier) ronge les racines. On les confond car le rat taupier emprunte parfois les galeries de taupe, mais leurs dégâts diffèrent.

Mode de vie, galeries et reproduction

Le campagnol est un rongeur terrestre et fouisseur, actif surtout au crépuscule et la nuit. Il creuse des réseaux de galeries dans la terre meuble des prairies, des jardins, des potagers et des vergers, où il circule et stocke des réserves. Essentiellement herbivore, il consomme racines, bulbes, tubercules, écorces, graines et parties vertes des plantes. Son point le plus redoutable est sa capacité de reproduction : une femelle peut avoir de nombreuses portées par an, et les populations connaissent des pullulations cycliques spectaculaires, où le nombre d’individus explose en quelques mois avant de chuter.

Quels dégâts au jardin et au potager ?

Le campagnol est l’un des ravageurs les plus craints au jardin. En s’attaquant aux racines et aux bulbes, il fait dépérir les plantes sans signe visible au départ : un plant qui jaunit, se dessèche ou s’arrache tout seul est souvent le symptôme. Le rat taupier ronge aussi les racines des jeunes arbres fruitiers, ce qui peut les tuer. Au potager, carottes, betteraves, pommes de terre, salades et bulbes de fleurs sont des cibles de choix. À cela s’ajoutent les monticules et galeries qui abîment les pelouses et déstabilisent le sol. En cas de pullulation, les dégâts sur les cultures peuvent devenir considérables.

Les signes d’une présence de campagnol

Le campagnol agissant sous terre, on repère surtout ses traces et ses dégâts :

  • des galeries superficielles et des trous d’environ 5 cm de diamètre, souvent au ras du sol ;
  • des monticules de terre plus aplatis et irréguliers que les taupinières ;
  • des plants qui jaunissent, se dessèchent ou s’arrachent facilement, racines rongées ;
  • des racines et bulbes grignotés, des écorces de jeunes arbres entamées au collet ;
  • une pelouse soulevée ou parsemée de petits trous le long des bordures et des haies.

Distinguer ces indices de ceux de la taupe (taupinières coniques, pas de dégâts sur les racines) permet de cibler le bon traitement.

Comment lutter contre le campagnol ?

La lutte contre le campagnol se mène surtout au jardin, et la méthode reine est le piégeage dans les galeries, à l’aide de pièges adaptés (proches de ceux utilisés pour la taupe), placés directement dans le réseau. On peut aussi déranger ses galeries (les ouvrir, les inonder, y introduire des nuisances sonores ou olfactives), car le campagnol fuit les zones perturbées. Favoriser ses prédateurs naturels (rapaces, belettes, renards, chats) en installant des perchoirs est très efficace sur le long terme, tout comme certaines plantes répulsives. Enfin, un sol bien tassé et un jardin dégagé limitent son installation. Notre guide pour se débarrasser des rongeurs complète ces conseils ; en cas de forte pullulation, l’appui d’un professionnel ou d’un piégeur agréé est recommandé.

Des plants qui dépérissent et des galeries au jardin ?

C'est souvent le signe d'un campagnol. Décrivez-nous la situation : nous vous aidons à confirmer le ravageur et à choisir la bonne méthode, sans engagement.

Le mot du dératiseur

« Le campagnol, c’est le cauchemar du jardinier, pas vraiment de la maison. On me dit souvent : j’ai des taupes qui mangent mes carottes ! Non, la taupe mange des vers, c’est le rat taupier qui ronge les racines. La clé, c’est le piégeage dans la galerie, fait correctement, et surtout d’attirer les rapaces avec un perchoir. Quand il y a pullulation, il faut être méthodique et patient, et parfois passer par un piégeur agréé. »

FAQ : le campagnol

Comment reconnaître un campagnol ?

À son corps trapu et arrondi, sa grosse tête, ses petites oreilles à demi cachées et surtout sa queue courte, bien plus courte que le corps. Son pelage est brun-roux.

Quelle différence entre un campagnol et un mulot ?

Le mulot est élancé, avec de grands yeux, de grandes oreilles et une longue queue ; il vit en surface. Le campagnol est trapu, à queue courte, et vit dans des galeries souterraines.

Le campagnol est-il la même chose que le rat taupier ?

Le rat taupier est une espèce de campagnol : le campagnol terrestre (Arvicola terrestris). Il creuse comme une taupe mais ronge les racines, d’où la confusion fréquente avec elle.

Comment se débarrasser des campagnols ?

Surtout par le piégeage dans les galeries, le dérangement des terriers, le recours aux prédateurs naturels (rapaces, belettes) et des répulsifs. En cas de pullulation, faites appel à un professionnel ou à un piégeur agréé.