« Cancrelat » est l’un de ces mots qui intriguent : s’agit-il d’un insecte différent du cafard ou de la blatte ? La réponse est non. Cancrelat, cafard et blatte désignent exactement le même insecte. Mais derrière ce terme se cachent une histoire surprenante, plusieurs appellations régionales et, surtout, des espèces bien réelles dont il vaut mieux savoir se débarrasser. Voici tout ce qu’il faut comprendre sur le cancrelat.
Ce qu’il faut retenir
- « Cancrelat » est un synonyme de cafard et de blatte : c’est le même insecte.
- Le mot vient du néerlandais kakkerlak, avec l’influence de « cancre ».
- On dit aussi ravet aux Antilles et coquerelle au Québec.
- Derrière ce nom : surtout la blatte germanique, l’orientale et l’américaine.
- Comme tout cafard, le cancrelat est un nuisible qu’il faut traiter rapidement.
Cancrelat : définition
Le cancrelat est le nom usuel de la blatte, aussi appelée cafard. Il désigne un insecte nocturne au corps ovale et aplati, muni de longues antennes, qui recherche la chaleur, l’humidité et la nourriture dans nos logements. Les dictionnaires sont unanimes : cancrelat est un simple synonyme de cafard, sans aucune différence d’espèce. Si l’on emploie parfois ce mot pour faire « savant », il ne désigne donc rien d’autre que le cafard que tout le monde connaît.
D’où vient le mot « cancrelat » ?
Le terme apparaît en français au début du XVIIIᵉ siècle, sous la forme « cackerlac », emprunté au néerlandais kakkerlak qui désignait la blatte d’Amérique. Le mot a ensuite été déformé par attraction de « cancre ». À l’époque, ces insectes voyageaient dans les cales des navires et infestaient les ports et les magasins de denrées coloniales, ce qui explique l’association historique du cancrelat avec les réserves de nourriture et le commerce maritime.

Cancrelat, cafard, blatte, ravet, coquerelle : un même insecte
Selon les régions et les pays francophones, le même insecte porte des noms différents. Aucun ne correspond à une espèce particulière : ce sont des synonymes. Pour une vue complète des critères d’identification, voyez notre guide pour reconnaître un cafard ou une blatte.
| Appellation | Où l’emploie-t-on ? |
|---|---|
| Cafard | Terme courant en France |
| Blatte | Terme scientifique |
| Cancrelat | Usuel, parfois au Québec |
| Ravet | Antilles |
| Coquerelle | Québec |
Cette profusion de noms s’explique par l’histoire et la géographie : chaque territoire francophone a forgé son propre terme au fil des arrivées de l’insecte par les ports et les échanges commerciaux. Sur le plan biologique, il s’agit pourtant toujours du même ordre d’insectes, les blattes.
Quelles espèces appelle-t-on cancrelat ?
Quand on parle de cancrelat dans un logement, il s’agit presque toujours de l’une des trois espèces domestiques présentes en France :
- la blatte germanique, la plus fréquente, petite et beige, qui colonise les cuisines ;
- la blatte orientale, le « cafard noir », amatrice de caves humides ;
- la blatte américaine, la plus grande, présente dans les sous-sols et locaux techniques.
C’est d’ailleurs la blatte américaine que le mot « cancrelat » désignait à l’origine, avant qu’il ne devienne un terme générique.
Où trouve-t-on les cancrelats ?
Comme tous les cafards, le cancrelat recherche la chaleur, l’humidité et un accès facile à la nourriture. Dans un logement, on le rencontre principalement :
- dans la cuisine, derrière et sous le réfrigérateur, le four et le lave-vaisselle ;
- dans la salle de bains, autour des points d’eau et des canalisations ;
- dans les caves et sous-sols humides, pour les plus grandes espèces ;
- le long des plinthes, fissures et gaines techniques, par où il circule la nuit.
Le cancrelat est-il dangereux ?
Oui, au même titre que n’importe quel cafard. Le cancrelat est un vecteur mécanique : en circulant entre les égouts, les poubelles et les surfaces de la maison, il transporte des bactéries qui peuvent contaminer les aliments. Ses déjections et ses mues sont par ailleurs un allergène pouvant aggraver l’asthme. Sa présence ne doit donc pas être prise à la légère, même si l’insecte ne pique pas et reste avant tout une nuisance sanitaire indirecte.
Un cancrelat repéré chez vous ?
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Comment se débarrasser des cancrelats ?
La méthode est la même que pour tous les cafards : supprimer les sources d’eau et de nourriture, maintenir une hygiène stricte, puis appliquer un gel anti-cafard dont l’effet domino atteint toute la colonie. En cas d’infestation importante ou qui revient sans cesse, l’intervention d’un professionnel reste la solution la plus fiable. Toutes les étapes sont détaillées dans notre guide pour se débarrasser des cafards et des blattes.
- nettoyer en profondeur et ranger les aliments dans des boîtes hermétiques ;
- réparer les fuites et assécher les zones humides ;
- poser des pièges collants pour mesurer l’ampleur de l’infestation ;
- appliquer un gel anti-cafard aux points de passage, sans pulvériser d’insecticide par-dessus.

Le mot du désinsectiseur
« Le nom n’a aucune importance pour le traitement : cancrelat, cafard ou blatte, c’est la même bête et la même méthode. Ce qui compte, c’est l’espèce et l’ampleur. Quand un client m’appelle pour des « cancrelats », je lui pose les mêmes questions que pour des cafards : taille, couleur, pièce, de jour ou de nuit. C’est ça qui oriente le traitement, pas le mot employé. »
« Cancrelat » : un mot aussi figuré
Au-delà de l’insecte, le mot a pris un sens figuré dans la langue française. Traiter quelqu’un de « cancrelat » revient à le qualifier de personne sournoise, envahissante et un peu répugnante, sur le même registre péjoratif que « cafard ». Cette connotation négative explique en partie pourquoi ces insectes, pourtant fascinants sur le plan biologique et présents sur Terre depuis des centaines de millions d’années, traînent une si mauvaise réputation.
FAQ : le cancrelat
Quelle est la différence entre un cancrelat et un cafard ?
Aucune : ce sont deux noms pour le même insecte, au même titre que « blatte ». Le mot employé varie selon les régions et les habitudes.
D’où vient le mot cancrelat ?
Du néerlandais kakkerlak, apparu en français au XVIIIᵉ siècle, déformé par l’influence du mot « cancre ».
Le cancrelat est-il dangereux ?
Oui, comme tout cafard : il transporte des bactéries et ses déjections sont allergènes. Il faut donc traiter sa présence.
Ravet et coquerelle, est-ce la même chose ?
Oui. « Ravet » est employé aux Antilles et « coquerelle » au Québec pour désigner le même insecte que le cafard.